musée soie st hippolyte du fort

 

 

La petite ville de SAINT- HIPPOLYTE-DU-FORT dans les Cévennes consacre à la production de la soie un musée très complet et très intéressant.

Cette activité a été très importante dans l'économie de cette région : présente dès le XIIIème siècle, elle connait son maximum au XIXème et décroit ensuite jusque dans les années 1960. Elle subsiste encore actuellement dans deux entreprises qui tricotent et tissent la soie.

Le musée retrace toutes les étapes de la production de la soie : depuis l'élevage du papillon jusqu'au tissage et au tricotage, en passant par le dévidage des cocons, le filage, le moulinage, la teinture...

La brochure vendue sur place est extrêmement complète et est une mine d'information. Les informations sont nombreuses et complexes aussi, ici, je me limiterai à vous parler seulement de

TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LE VER A SOIE... 

Me contentant de vous proposer quelques photos qui témoignent de la complexité des opérations, de la technicité élevée des machines et des conditions pour le moins difficiles du travail dans les manufactures.

Rien ne saurait se passer sans un arbre : le mûrier blanc (rien à voir avec les mûres, fruits des ronces) et le "magnan" ou ver à soie.

Ce dernier est une espèce totalement domestiquée qui ne saurait vivre dans la nature. Tout juste sortie du cocon la femelle s'accouple, pond 300 à 600 oeufs et... meurt tout comme le mâle qui, cependant, peut assurer un second accouplement.

Ces oeufs, les "graines", sont pondus au début de l'été, stockés au réfrigérateur jusqu'au printemps, date de l'apparition des feuilles du mûrier dont les chenilles vont faire grande consommation.

Ils sont mis dans un incubateur qui élève la température progressivement la température jusqu'à 23° et assure l'éclosion en une quinzaine de jours.

Les petites chenilles sont poilues et noires et mesurent 2 mm à la naissance.

Elles vont subir 4 mues tous les 4 à 10 jours, multiplier en 1 mois leur poids par 10 000 : à la fin de sa croissance la chenille est blanche et mesure entre 7 et 9 cm soit 70 à 90 fois sa taille de naissance.

Ensuite la chenille va s'accrocher à un support et s'enrouler dans le fil de soie qu'elle produit ( jusqu'à 1 500 m) et qui forme le COCON.

A l'intérieur du cocon le ver se transforme en CHRYSALIDE en 7 à 8 jours puis après à nouveau le même délai et après une dernière mue interne en PAPILLON.

Au stade de la chrysalide soit celle-ci est étouffée à la vapeur avant le dévidage du fil dans lequel la chenille s'est enroulée et qui, travaillée, va donner le fil de soie, soit celle-ci est extraite du cocon en attente de la dernière transformation en papillon, ce dernier assurant la prochaine production de "graines"... et le cycle continue.

Les cocons destinés au fil, après étouffement de la chrysalide, sont trempés dans de l'eau à 90° pendant 20 mn pour ramollir le grès qui soude le fil. Ensuite ils sont battus avec un petit balai, ce qui permet de repérer l'extrêmité du fil. Puis ils sont dévidés dans de l'eau à 45°, les brins de plusieurs cocons sont réunis pour former le fil, le fil du cocon étant trop fin (5 microns) pour être utilisé tel que.

Il faut 4 cocons pour former un fil de 9 deniers, 7 à 8 cocons pour un fil courant de 20 deniers.

Il faut 15 à 20 mn pour dévider un cocon et 8 à 10 kilo de cocons pour produire 1 kilo de soie grège.

Toutes ces opérations, saisonnières, ont longtemps été éxécutées à domicile puis dans des manufactures avec la diffusion des machines à vapeur.

Il y a encore beaucoup d'opérations avant la production d'un tissu, et cela dépasse les ambitions de ce blog, aussi je recommande vivement la visite de ce musée à tous les amoureux du fil et aussi de la technologie car toutes ces machines sont des merveilles d'ingéniosité.